Parcours UTCéen : Jérémie, Auteur, Chanteur et Professeur de Physique-chimie
Jérémie est diplômé de l’UTC – Génie Mécanique de la promo 2005. Aujourd’hui, il est auteur de 8 albums, guitariste, chanteur et exerce en tant que professeur de physique-chimie. Il sera en tournée ce printemps-été 2026 avec une quinzaine de dates à l’Ouest et dans le Grand Est. Il a récemment sorti sa nouvelle chanson « Il y a l’IA ».
Bonjour Jérémie. Tu es aujourd'hui chanteur et musicien, mais tu es diplômé de l'UTC Génie Mécanique. Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours à l'université, pourquoi ce choix ?
J’ai eu la chance d’entrer à l’UTC en 2001 après un DUT Mesure Physique. J’ai choisi cette école car elle était réputée pour son éclectisme, et son ouverture d’esprit.
Durant mes années à l’UTC, outre les matières scientifiques et techniques, j’ai particulièrement apprécié les cours de théâtre, musique, cinéma et philosophie. Notamment les cours de Bernard Stiegler qui m’ont particulièrement plus.
Tu précises que tu as toujours baigné dans l'univers musical, étant d'une famille d'artistes. Est-ce de là que ta sensibilité artistique est née ?
Mon père était artiste peintre, basé à Auvers-sur-Oise, la ville de Van Gogh. Il était aussi passionné de poésie. J’ai baigné dans une ambiance où Baudelaire était récité à la fin des repas, où les livres de peinture trainaient sur les tables, où les chansons de Brassens étaient entonnées en chœur.
J’ai eu la chance d’avoir un excellent professeur de guitare, William Montesinos qui m’a pris sous son aile et appris la musique pendant plus de 10 ans.
La musique semblait déjà occuper une place importante dans votre vie. Pourquoi avoir privilégié un cursus d'ingénieur plutôt qu'une carrière musicale ?
En voyant mon père artiste subir les aléas du métier d’artiste, en me rendant compte de la situation parfois compliquée des artistes indépendants, j’ai préféré, sur les conseils avisés de ma mère, poursuivre un cursus en sciences physiques. De plus, j’ai toujours été à l’aise en maths et en raisonnement scientifique. Et les esprits scientifiques m’ont toujours attiré.
Les musiciens ont souvent de bonnes aptitudes en maths, et en sciences.
Puis, la musique m’a toujours aidé à m’intégrer dans le monde scientifique, technique, puis professionnel.
Au cours de tes études à l'UTC, tu as suivi plusieurs UV de sciences humaines qui t'ont particulièrement marqué. Qu'en as-tu tiré ?
J’ai suivi les cours de théâtre à l’UTC et nous avons monté une pièce mise en scène par Jérôme Wacquiez, puis nous avons joué dans plusieurs festivals universitaires, dont Festupic. J’en garde un excellent souvenir.
J’ai aussi participé à l’ensemble de jazz de l’UTC qui s’appelait OCATA à l’époque.
J’ai monté un groupe de chanson française avec 3 autres UTCéens : Hadrien Bériot, Hugo Zanghi, Félix Foucart et groupe avec lequel nous avons tourné pendant presque 15 ans et enregistré 4 albums.
J’ai aussi suivi les cours de philosophie des professeurs Collins, Stiegler et Spire, des grands esprits qui m’ont ouvert les yeux le nouveau monde, et la révolution numérique qui émergeait à l’époque.
En parallèle de tes études, tu étais très investi dans la musique, et tu étais membre de nombreuses associations étudiantes de l'UTC. Comment conciliais tu ces deux univers (musical et ingénierie) ?
J’ai participé à la comédie musicale de l’UTC et c’était tout simplement génial. Spectacle entièrement écrit et réalisé par les étudiants. J’y jouais et chantais, grimé en vieux rockeur.
J’en garde un souvenir impérissable, des 3 dates au théâtre impérial !
Plus j’avais de projets annexes, plus je travaillais, plus j’étais à fond, mieux je réussissais mes examens.
La musique a toujours été pour moi un moteur pour réussir à côté de l’ingénierie.
A ta sortie de l'UTC, tu as choisi de faire carrière dans l'industrie. Peux-tu nous en dire plus sur tes premières expériences ?
J’ai commencé dans une PME compiégnoise spécialisée en plasturgie. J’y ai été embauché à la suite de mon projet de fin d’étude. Puis j’ai intégré des cabinets de consultants avant d’être embauché chez Renault, enfin en tant que chargé d’affaires dans des PME aéronautiques. Avec le recul, je préfère les petites structures plus modestes, dans lesquelles on mesure ce que l’on apporte, plutôt que les grands groupes, dans lesquels on se sent noyés et sans prise sur le réel.
Tu as fondé un groupe composé uniquement d'anciens étudiants de l'UTC. Comment se projet s'est créé ?
Ce groupe s’est créé au picolo, le bar de l’UTC de l’époque. Nous avons fait des centaines de concerts et 4 albums sous le nom de Chupa Chuva, puis Arnold.

Photo du groupe Chupa Chuva, Août 2009.
Vous avez par la suite enchaîné des centaines de concerts pendant 15 ans, de 2005 à 2020. Quels souvenirs en gardes tu ?

Super souvenir de la première partie de Bénabar à Beauvais
Souvenir d’un clip tourné dans la campagne autour de Compiègne :
Est-ce également de ton passage à l'UTC que découlent certaines de tes inspirations ?
Bien sûr, je tire l’inspiration de toutes mes expériences professionnelles :
Ma fonction d’ingénieur en PME mécanique m’a inspiré la chanson :
ARNOLD - le chant des artisans
Ma chanson Précaire, m’a été inspirée du temps où j’étais consultant dans l’industrie.
Ma chanson Physique-Chimie m’a été inspirée par mon expérience de prof au collège et lycée.
L'arrivée du Covid a fortement impacté le monde artistique. Comment as-tu vécu cette période ?
A l’époque j’étais ingénieur dans une PME aéro, nous n’avons pas arrêté les chaînes de fabrication et j’ai continué à travailler.
Côté musique tout s’est arrêté, je devais faire la première partie de Bénabar à Trappes…malheureusement cela ne s’est jamais fait !
Aujourd'hui, tu es enseignant en physique-chimie. Qu'est-ce qui t'a motivé à prendre ce nouveau virage ?
Partir de Paris après le covid et arriver à La Rochelle, j’ai pris un nouveau virage. Je m’épanouis dans ce métier de prof de physique chimie, très humain et où en plus on se sert de ses mains, et un peu de sa tête aussi... J’adore enseigne, vingt après avoir quitté l’école, y revenir, c’est comme avoir une seconde jeunesse !
Tu combines désormais musique et enseignement. Comment ces deux passions se nourrissent elles ? Ta chanson "Physique-Chimie" en est-elle un exemple ?
La musique et l’enseignement c’est le combo parfait. La musique peut-être un outil pédagogique intéressant et ludique. Au lieu d’apprendre bêtement par cœur une formule, on l’apprend en chantant rappant, en rythme ou en mélodie. Je m’en sers beaucoup lorsque j’aborde le sujet des signaux pour communiquer.
De plus dans ce métier, Je suis au contact des jeunes, du futur, des nouveaux langages, des nouveaux modes de communication. Les enfants me transmettent plein d’énergie et d’émotions !
J’ai tous mes week-ends pour faire les concerts, mes vacances pour partir en tournée et tourner mes clips. C’est parfait pour un musicien !
Quels sont dorénavant tes projets à venir, côté musique ou enseignement ?
Je veux juste continuer mon petit bonhomme de chemin. Continuer à enseigner, à faire des chansons..
Avec le recul, qu'est-ce que l'UTC t'a apporté dans ta carrière ?
L’UTC m’a appris à apprendre. J’ai fait de superbes rencontres à l’UTC.
Quel conseil donnerais tu à un étudiant qui hésite entre une voie "sécurisée" et une passion artistique ?
Pour ma part, j’ai toujours travaillé à plein temps depuis vingt ans dans un métier non artistique, je n’ai jamais eu l’impression de ne pas être à fond pour ma musique.
Si un jeune étudiant a le choix entre les études d’ingé et autre chose, il ferait les deux !
C’est beaucoup plus riche intellectuellement, et aussi économiquement…sauf exception.
Je conseillerais de garder un pied dans le réel, une vie normale, pour mieux apprécier son art, une vie extraordinaire !
Ton parcours montre qu'il n'est pas nécessaire de choisir entre passion et raison, mais qu'il est possible de construire une trajectoire où les deux se nourrissent et avance ensemble. Merci Jérémie pour ce bel échange et ce retour d'expérience très inspirant.
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